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	<title>Commentaires sur : Éloge de la fragilité</title>
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	<pubDate>Fri, 18 May 2012 09:50:05 +0000</pubDate>
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		<title>Par : Muskull</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-280</link>
		<dc:creator>Muskull</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Oct 2006 16:09:38 +0000</pubDate>
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		<description>J'ai bien aimé, il y a longtemps, Le chevalier inexistant de Calvino.
Bref, nos plumes seraient-elles aléatoires et non circonscrites en rémiges vivants des ailes des porteurs d'ailes ?
Peut-être, où est la certitude du vol et du vol ?
Sinon dans le partage du vent et cette inoubliable ouverture où notre cécité devient savoir des altitudes des mondes et de leurs visions...

A ce qui est de l’aile et de ce vent venu vers toi, il n’est qu’une réponse :
Je viens ! Les pleurs de l’oisillon non confiant en l’essor laissent place
A la mature science délivrée de la mère quand le vol est paisible, serein.
Il est des ciels au delà du ciel, il est des vols au delà du vol…
t.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai bien aimé, il y a longtemps, Le chevalier inexistant de Calvino.<br />
Bref, nos plumes seraient-elles aléatoires et non circonscrites en rémiges vivants des ailes des porteurs d&#8217;ailes ?<br />
Peut-être, où est la certitude du vol et du vol ?<br />
Sinon dans le partage du vent et cette inoubliable ouverture où notre cécité devient savoir des altitudes des mondes et de leurs visions&#8230;</p>
<p>A ce qui est de l’aile et de ce vent venu vers toi, il n’est qu’une réponse :<br />
Je viens ! Les pleurs de l’oisillon non confiant en l’essor laissent place<br />
A la mature science délivrée de la mère quand le vol est paisible, serein.<br />
Il est des ciels au delà du ciel, il est des vols au delà du vol…<br />
t.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : jjd</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-279</link>
		<dc:creator>jjd</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Oct 2006 12:13:44 +0000</pubDate>
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		<description>Fragilité Légèreté .
 On peut lire dans la première conférence préparée par Italo Calvino (Leçons américaines)un magnifique et substantiel développement sur l'opposition légèreté/pesanteur, avec évidemment l'éloge et l'illustration par maints exemples littéraires du premier terme.

"Pour moi, la légèreté est liée à la précision et à la détermination, nullement au vague et à l'aléatoire.
Paul Valéry disait "Il faut être léger comme l'oiseau et non comme la plume"</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Fragilité Légèreté .<br />
 On peut lire dans la première conférence préparée par Italo Calvino (Leçons américaines)un magnifique et substantiel développement sur l&#8217;opposition légèreté/pesanteur, avec évidemment l&#8217;éloge et l&#8217;illustration par maints exemples littéraires du premier terme.</p>
<p>&#8220;Pour moi, la légèreté est liée à la précision et à la détermination, nullement au vague et à l&#8217;aléatoire.<br />
Paul Valéry disait &#8220;Il faut être léger comme l&#8217;oiseau et non comme la plume&#8221;</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Muskull</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-278</link>
		<dc:creator>Muskull</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Oct 2006 08:35:07 +0000</pubDate>
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		<description>[b]Il est cette île qui est, [/b]

Tous errent et la cherchent, la côtoyant sans cesse,
Quand du coin de l’œil ils en perçoivent une lueur
Ils la nient aussitôt, ne voulant croire à ce réel.
La peur aussi, est-ce la folie qui m’égare ?

Tous passent, ne voulant voir le ressac et les grèves,
Ne voulant entendre ces chants doux qui dansent
En âmes, fleurs et frondaisons. Les vouant à leurs démons...
Aveugles et sourds, punis par leur vouloir d’un ailleurs à leur guise.

Tous humains en ronde désespérée autour de la source,
Ils posent pourtant la main sur la pierre, la sentent,
Mais refusent l’eau qui chantonne, ignorée mais joyeuse.
De ce maigre repos, ils repartent en soif encore plus amère.

Il est cette source qui est,

Loin des guerres même minimes, en murmure de paix aux sens des sages,
En dits et contes, en rencontres connaissantes du partage,
En signes renouvelés sur le chemin d’éveil d’autres sens,
De ceux qui durent après la dissolution du corps, et découvrent le vrai.

Il y a cette eau qui coule, toujours, venue d’île,
Venue des chants qui la révèlent aux assourdis, qui oint les yeux.
Venue de la lumière reine qui les accueille au sortir du sommeil,
Venue de leur rêve et promesse qu’ils se hâtent d’oublier.

Quel est ce vent qui emporte les rêves ?
Qui est-il celui qui préfigure l’ensevelissement des possibles,
Qui est ce magicien dont le plaisir est de faire durer
Le pouvoir, les masques et la farce ?

Il est un vent qui est,

Quand il vient, il emporte les masques, papiers collés sur mur sourd,
Quand il vient, il dénude, il montre, c’est douloureux,
Quand il vient, il apaise l’acceptant et lui offre le voile.
Dans l’invisible, tu ne cherches plus, tu as trouvé...

Quand il est, et reste pour toi, pour ton besoin qui l’appelle,
Il te porte partout et te réenfante, te chante ta mémoire oubliée,
Retrace les liens de toi au monde et aux antécédents,
Une vie recréée dans la lumière et les chants de l’île.

Alors lui reconnu, reste dans ce vent qui te mène vers la plage,
Les chants te protègent, tu te nourris des dits, de ton tissage de vie,
Tu viens et tu es accepté. Alors tu te glisses semblable dans l’élan,
Dans l’appel silencieux aux naufragés du monde.

"Levant d'île" 99...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>[b]Il est cette île qui est, [/b]</p>
<p>Tous errent et la cherchent, la côtoyant sans cesse,<br />
Quand du coin de l’œil ils en perçoivent une lueur<br />
Ils la nient aussitôt, ne voulant croire à ce réel.<br />
La peur aussi, est-ce la folie qui m’égare ?</p>
<p>Tous passent, ne voulant voir le ressac et les grèves,<br />
Ne voulant entendre ces chants doux qui dansent<br />
En âmes, fleurs et frondaisons. Les vouant à leurs démons&#8230;<br />
Aveugles et sourds, punis par leur vouloir d’un ailleurs à leur guise.</p>
<p>Tous humains en ronde désespérée autour de la source,<br />
Ils posent pourtant la main sur la pierre, la sentent,<br />
Mais refusent l’eau qui chantonne, ignorée mais joyeuse.<br />
De ce maigre repos, ils repartent en soif encore plus amère.</p>
<p>Il est cette source qui est,</p>
<p>Loin des guerres même minimes, en murmure de paix aux sens des sages,<br />
En dits et contes, en rencontres connaissantes du partage,<br />
En signes renouvelés sur le chemin d’éveil d’autres sens,<br />
De ceux qui durent après la dissolution du corps, et découvrent le vrai.</p>
<p>Il y a cette eau qui coule, toujours, venue d’île,<br />
Venue des chants qui la révèlent aux assourdis, qui oint les yeux.<br />
Venue de la lumière reine qui les accueille au sortir du sommeil,<br />
Venue de leur rêve et promesse qu’ils se hâtent d’oublier.</p>
<p>Quel est ce vent qui emporte les rêves ?<br />
Qui est-il celui qui préfigure l’ensevelissement des possibles,<br />
Qui est ce magicien dont le plaisir est de faire durer<br />
Le pouvoir, les masques et la farce ?</p>
<p>Il est un vent qui est,</p>
<p>Quand il vient, il emporte les masques, papiers collés sur mur sourd,<br />
Quand il vient, il dénude, il montre, c’est douloureux,<br />
Quand il vient, il apaise l’acceptant et lui offre le voile.<br />
Dans l’invisible, tu ne cherches plus, tu as trouvé&#8230;</p>
<p>Quand il est, et reste pour toi, pour ton besoin qui l’appelle,<br />
Il te porte partout et te réenfante, te chante ta mémoire oubliée,<br />
Retrace les liens de toi au monde et aux antécédents,<br />
Une vie recréée dans la lumière et les chants de l’île.</p>
<p>Alors lui reconnu, reste dans ce vent qui te mène vers la plage,<br />
Les chants te protègent, tu te nourris des dits, de ton tissage de vie,<br />
Tu viens et tu es accepté. Alors tu te glisses semblable dans l’élan,<br />
Dans l’appel silencieux aux naufragés du monde.</p>
<p>&#8220;Levant d&#8217;île&#8221; 99&#8230;</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : b***jr</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-276</link>
		<dc:creator>b***jr</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2006 18:40:54 +0000</pubDate>
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		<description>queleque choses en moi  aime et repecte numineusement queleque  chose en vous tatiana, je ne suis tjs pas arriver à savoir quoi et comment? 
mais j'aime vous lire, mais je ne vous venere pas comme je ne venere personne
ah! que donnerai-je pas pour comprendre
pour etre en fin libre
continuez.
un jour peut-etre je comprendrai tout
libre?...libre de qui?... de la venaration, mais je ne venere personne moi, alors...ya pas de soucis</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>queleque choses en moi  aime et repecte numineusement queleque  chose en vous tatiana, je ne suis tjs pas arriver à savoir quoi et comment?<br />
mais j&#8217;aime vous lire, mais je ne vous venere pas comme je ne venere personne<br />
ah! que donnerai-je pas pour comprendre<br />
pour etre en fin libre<br />
continuez.<br />
un jour peut-etre je comprendrai tout<br />
libre?&#8230;libre de qui?&#8230; de la venaration, mais je ne venere personne moi, alors&#8230;ya pas de soucis</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : E.</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-275</link>
		<dc:creator>E.</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2006 18:00:20 +0000</pubDate>
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		<description>8-)  Muskul&#62;Oui, d'accord avec ce que tu dis, tu apportes de l'eau à mon moulin...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p> <img src='http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/wp-includes/images/smilies/icon_cool.gif' alt='8-)' class='wp-smiley' />  Muskul&gt;Oui, d&#8217;accord avec ce que tu dis, tu apportes de l&#8217;eau à mon moulin&#8230;</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Muskull</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-274</link>
		<dc:creator>Muskull</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2006 15:53:25 +0000</pubDate>
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		<description>Où sont les donneurs de leçon dans les éloges à la fragilité, les maîtres en chaire, les exclusifs ?
Pourquoi veux-tu être sauvé, sauvé de quoi ?
En disant "ceux qui disent Moi Je" tu dis moi je...
Il n'est pas dangereux de se pencher en soi sur nos masques, bien au contraire, il n'est rien de plus salutaire que d'éplucher cet "oignon" là. ;-)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Où sont les donneurs de leçon dans les éloges à la fragilité, les maîtres en chaire, les exclusifs ?<br />
Pourquoi veux-tu être sauvé, sauvé de quoi ?<br />
En disant &#8220;ceux qui disent Moi Je&#8221; tu dis moi je&#8230;<br />
Il n&#8217;est pas dangereux de se pencher en soi sur nos masques, bien au contraire, il n&#8217;est rien de plus salutaire que d&#8217;éplucher cet &#8220;oignon&#8221; là. <img src='http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : E.</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-273</link>
		<dc:creator>E.</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2006 15:30:32 +0000</pubDate>
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		<description>Alex&#62; les donneurs de leçons en général, ceux qui disent du haut de leur Parthénon "suivez moi",ceux qui en règles générale "vendent" des lignes-à-suivre exclusives pour être "sauvés" (politique ou religion), enfin ceux qui disent d'un ton péremptoire "Moi-Je"...
qui quelques fois sont à l'intérieur de nous-même.
Les Masques sont toujours tentants.

E Pericoloso Sporgesi</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Alex&gt; les donneurs de leçons en général, ceux qui disent du haut de leur Parthénon &#8220;suivez moi&#8221;,ceux qui en règles générale &#8220;vendent&#8221; des lignes-à-suivre exclusives pour être &#8220;sauvés&#8221; (politique ou religion), enfin ceux qui disent d&#8217;un ton péremptoire &#8220;Moi-Je&#8221;&#8230;<br />
qui quelques fois sont à l&#8217;intérieur de nous-même.<br />
Les Masques sont toujours tentants.</p>
<p>E Pericoloso Sporgesi</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Alex</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-272</link>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2006 11:18:31 +0000</pubDate>
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		<description>Très beau, merci Tatiana. 
E @ Qui se la raconte ? Ce n'est pas clair...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Très beau, merci Tatiana.<br />
E @ Qui se la raconte ? Ce n&#8217;est pas clair&#8230;</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : valostine</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-271</link>
		<dc:creator>valostine</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2006 10:13:46 +0000</pubDate>
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		<description>En écho, ce poème ...
(J'ai pensé que le texte dans son intégralité était trop long pour le poster ici, aussi n'en ai-je pris qu'un extrait)

J’essaierai donc de parler de la guerre sainte.

Puisse-t-elle éclater d’une façon irréparable ! 
Elle s’allume bien, de temps en temps, ce n’est jamais pour très longtemps. Au premier semblant de victoire, je m’admire triompher, et je fais le généreux, et je pactise avec l’ennemi. Il y a des traîtres dans la maison, mais ils ont des mines d’amis, ce serait si déplaisant de les démasquer ! Ils ont leur place au coin du feu, leurs fauteuils et leurs pantoufles, ils viennent quand je somnole, en m’offrant un compliment, une histoire palpitante ou drôle, des fleurs et des friandises, et parfois un beau chapeau à plumes. Ils parlent à la première personne, c’est ma voix que je crois entendre, c’est ma voix que je crois émettre : « je suis..., je sais..., je veux... » - Mensonges ! Mensonges greffés sur ma chair, abcès qui me crient : « Ne nous crève pas, nous sommes du même sang ! », pustules qui pleurnichent : « Nous sommes ton seul bien, ton seul ornement, continue donc à nous nourrir, il ne t’en coûte pas tellement ! »
Et ils sont nombreux, et ils sont charmants, ils sont pitoyables, ils sont arrogants, ils font du chantage, ils se coalisent... mais ces barbares ne respectent rien - rien de vrai, je veux dire, car devant tout le reste, ils sont tire-bouchonnés de respect. C’est grâce à eux que je fais figure, ce sont eux qui occupent la place et tiennent les clefs de l’armoire aux masques. Ils me disent : « Nous t’habillons ; sans nous, comment te présenterais-tu dans le beau monde ? » - Oh ! plutôt aller nu comme une larve !
Pour combattre ces armées, je n’ai qu’une toute petite épée, à peine visible à l’œil nu, coupante comme un rasoir, c’est vrai, et très meurtrière. Mais si petite vraiment que je la perds à chaque instant. Je ne sais jamais où je l’ai fourrée. Et quand je l’ai retrouvée, alors je la trouve lourde à porter, difficile à manier, ma meurtrière petite épée.
Moi, je sais dire à peine quelques mots, et encore ce sont plutôt des vagissements, tandis qu’eux, ils savent même écrire. Il y en a toujours un dans ma bouche, qui guette mes paroles quand je voudrais parler. Il les écoute, garde tout pour lui, et parle à ma place, avec les mêmes mots - mais son immonde accent. Et c’est grâce à lui qu’on me considère, et qu’on me trouve intelligent. (Mais ceux qui savent ne s’y trompent pas : puissé-je entendre ceux qui savent !)
Ces fantômes me volent tout. Après cela, ils ont beau jeu de m’apitoyer : « Nous te protégeons, nous t’exprimons, nous te faisons valoir. Et tu veux nous assassiner ! Mais c’est toi-même que tu déchires, quand tu nous rabroues, quand tu nous tapes méchamment sur notre sensible nez, à nous tes bons amis. »
Et la sale pitié, avec ses tiédeurs, vient m’affaiblir. Contre vous, fantômes, toute la lumière ! Que j’allume la lampe, vous vous tairez. Que j’ouvre un œil, et vous disparaîtrez. Car vous êtes du vide sculpté, du néant grimé. Contre vous la guerre à outrance. Nulle pitié, nulle tolérance. Un seul droit : le droit du plus être.


Extrait de "La Guerre Sainte" (paru dans la Revue Intemporelle des Humains Associés, 1992).
René Daumal 
Printemps 1940 
Issu de « Les dernières paroles du poète » dans 
Le Contre-Ciel, (c) Éditions Gallimard.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>En écho, ce poème &#8230;<br />
(J&#8217;ai pensé que le texte dans son intégralité était trop long pour le poster ici, aussi n&#8217;en ai-je pris qu&#8217;un extrait)</p>
<p>J’essaierai donc de parler de la guerre sainte.</p>
<p>Puisse-t-elle éclater d’une façon irréparable !<br />
Elle s’allume bien, de temps en temps, ce n’est jamais pour très longtemps. Au premier semblant de victoire, je m’admire triompher, et je fais le généreux, et je pactise avec l’ennemi. Il y a des traîtres dans la maison, mais ils ont des mines d’amis, ce serait si déplaisant de les démasquer ! Ils ont leur place au coin du feu, leurs fauteuils et leurs pantoufles, ils viennent quand je somnole, en m’offrant un compliment, une histoire palpitante ou drôle, des fleurs et des friandises, et parfois un beau chapeau à plumes. Ils parlent à la première personne, c’est ma voix que je crois entendre, c’est ma voix que je crois émettre : « je suis&#8230;, je sais&#8230;, je veux&#8230; » - Mensonges ! Mensonges greffés sur ma chair, abcès qui me crient : « Ne nous crève pas, nous sommes du même sang ! », pustules qui pleurnichent : « Nous sommes ton seul bien, ton seul ornement, continue donc à nous nourrir, il ne t’en coûte pas tellement ! »<br />
Et ils sont nombreux, et ils sont charmants, ils sont pitoyables, ils sont arrogants, ils font du chantage, ils se coalisent&#8230; mais ces barbares ne respectent rien - rien de vrai, je veux dire, car devant tout le reste, ils sont tire-bouchonnés de respect. C’est grâce à eux que je fais figure, ce sont eux qui occupent la place et tiennent les clefs de l’armoire aux masques. Ils me disent : « Nous t’habillons ; sans nous, comment te présenterais-tu dans le beau monde ? » - Oh ! plutôt aller nu comme une larve !<br />
Pour combattre ces armées, je n’ai qu’une toute petite épée, à peine visible à l’œil nu, coupante comme un rasoir, c’est vrai, et très meurtrière. Mais si petite vraiment que je la perds à chaque instant. Je ne sais jamais où je l’ai fourrée. Et quand je l’ai retrouvée, alors je la trouve lourde à porter, difficile à manier, ma meurtrière petite épée.<br />
Moi, je sais dire à peine quelques mots, et encore ce sont plutôt des vagissements, tandis qu’eux, ils savent même écrire. Il y en a toujours un dans ma bouche, qui guette mes paroles quand je voudrais parler. Il les écoute, garde tout pour lui, et parle à ma place, avec les mêmes mots - mais son immonde accent. Et c’est grâce à lui qu’on me considère, et qu’on me trouve intelligent. (Mais ceux qui savent ne s’y trompent pas : puissé-je entendre ceux qui savent !)<br />
Ces fantômes me volent tout. Après cela, ils ont beau jeu de m’apitoyer : « Nous te protégeons, nous t’exprimons, nous te faisons valoir. Et tu veux nous assassiner ! Mais c’est toi-même que tu déchires, quand tu nous rabroues, quand tu nous tapes méchamment sur notre sensible nez, à nous tes bons amis. »<br />
Et la sale pitié, avec ses tiédeurs, vient m’affaiblir. Contre vous, fantômes, toute la lumière ! Que j’allume la lampe, vous vous tairez. Que j’ouvre un œil, et vous disparaîtrez. Car vous êtes du vide sculpté, du néant grimé. Contre vous la guerre à outrance. Nulle pitié, nulle tolérance. Un seul droit : le droit du plus être.</p>
<p>Extrait de &#8220;La Guerre Sainte&#8221; (paru dans la Revue Intemporelle des Humains Associés, 1992).<br />
René Daumal<br />
Printemps 1940<br />
Issu de « Les dernières paroles du poète » dans<br />
Le Contre-Ciel, (c) Éditions Gallimard.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : E</title>
		<link>http://lafemmeauxsemellesdevent.eu/2006/10/15/eloge-de-la-fragilite/#comment-270</link>
		<dc:creator>E</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2006 07:28:15 +0000</pubDate>
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		<description>"...mais le Roi est nu!" dit l'enfant, à l'assemblée stupéfaite des courtisant dans le conte d'Andersen.
Ce sont toujours ceux qui "se la racontent" qui s'écoutent le plus.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;&#8230;mais le Roi est nu!&#8221; dit l&#8217;enfant, à l&#8217;assemblée stupéfaite des courtisant dans le conte d&#8217;Andersen.<br />
Ce sont toujours ceux qui &#8220;se la racontent&#8221; qui s&#8217;écoutent le plus.</p>
]]></content:encoded>
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