Poésie, Vie

Quel bonheur que si peu des choses suffise au bonheur !

Jeudi 30 octobre 2008, 22:21

Temps invraisemblable !

Nous rêvons de conquérir le monde et l’univers
Mais l’univers n’est-il pas en Nous?

AH !

Soutenir sans trembler
Le regard des pierres et des roses.

Tout donner, mais seulement à ceux qui savent recevoir.

Rompre radicalement avec les figures imposées, avec les images vides de sens.
Rompre radicalement avec un monde d’imposture.

Parler le langage perdu que seul le vent comprend.

Et…

Chercher naturellement, non plus à paraître mais à disparaître, non plus à briller, à se montrer pour être vu, à se servir au lieu de servir, à poser et à s’imposer, mais consentir à effacer sa propre trace et perdre jusqu’à son nom.

Seule avec le Seul, n’ayant pas la moindre chose à quoi s’accrocher, dépouillée des compensations illusoires qui nous endorment et nous consolent, plonger dans la profonde solitude, la main ouverte sur rien, se jeter sur le versant de la lumière et soulevée par la transparence, marcher invisible dans la nuée !

Point d’arrêt !

Nudité radicale seule à seule

Infiniment vide
L’espace se fait face

Jaillissement de Lumière

Bruissement des ailes
Gazouillement du vide

Dans les champs
Les étoiles labourent le Chant.

Qui
se tient
dans la transparence ?

Quel bonheur que le Rien suffise à l’Amour !

t.

Ce que c’est
qui demeure ici
je ne le sais
mais mon coeur
est plein de reconnaissance
et j’ai des larmes aux yeux.

Saigyo / Sato Norikigo, 1118-1190 (devant le sanctuaire shinto de d’Ise).

tatiana | Poésie, Vie | Commentaires | Trackback
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10 réponses à “Quel bonheur que si peu des choses suffise au bonheur !”

  1. Magnifique ;-)
    J’aime votre écriture précise,humaine,poétique.

    Arigatô gozaimasu

    Par Hitoshi Kiyama le 31 octobre 2008 à 02:19
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  2. Rien, à dire…
    Amore

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  3. Merci,
    Merci du don de l’amoureuse merci,
    Le coeur joyeux s’unit au choeur de la Vie,
    et chante sa reconnaissance.
    Merci de Vous

    Par valostine le 1 novembre 2008 à 09:17
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  4. J’aime l’écho convergent de ces trois paroles rencontrées en chemin :

    Le vagabond

    Il m’a changé en vagabond
    ah! comment donc m’a-t-il traité!
    Il m’a chassé de mon pays.

    Il m’a jeté vers l’Occident,
    me séparant de tous mes proches.
    Oui, à errer là-bas sans cesse
    Il m’a jeté loin vers l’Occident!

    Tout cela afin q’Il paraisse
    alors que moi je disparais;
    afin q’Il me réduise à rien,
    et que Lui seul se manifeste.

    Il a visité ma demeure ,
    après quoi il a pris congé,
    me laissant en vain essayer
    de Lui rendre à monn tour visite.

    M’abandonnant à mon retrait,
    Il a eu pour moi ces mots:
    Désormais tu ne verra plus
    ce que tes yeux regarderont,
    à moins que tu ne m’aperçoives
    dans tout ce que tu verras.

    Aboul-Hasane Al-Nouri

    Tu ne sais où tu vas, dis-tu
    Tu vas vers ton secret
    Telle est l’audace
    Cela suffit

    POUR UNE JOIE

    Jean-Marie Barnaud

    Donne-moi
    la secrète ténacité des racines
    Et permets que mon chant
    tombe sur la terre et que montent
    à chaque printemps ses paroles

    Pablo Néruda

    En partage

    avec joie

    fraternellemnt

    Par Bernard le 1 novembre 2008 à 12:31
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  5. J’ai rencontré, un jour, ces mots d’Henri Michaux, ce très cher Michaux; ils résonnent en moi, tout particulièrement lorsque je viens, ici, de temps e temps, en ce bel espace :

    “Frères de commencements obscurs
    rythmes…

    Propagateurs de rien
    de rien qui veulent être quelque chose

    Fondements
    Fondement qui parle en battements…

    Compagnons de musiques intérieures
    ou encore à venir…

    Quelque chose parachève en moi quelque chose
    Fidèle à l’être.

    Délivré des contraires
    J’arrive au seuil…”

    (Jours de silence)

    Fraternellement

    Par Bernard le 2 novembre 2008 à 14:04
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  6. @ Bernard

    “Adorable est la merveille
    quand elle voile son visage.”

    Tendrement, humainement,

    Par tatiana le 3 novembre 2008 à 04:10
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  7. 0 tatiana

    Alors quoi ?
    Demeurer cacher ?
    Mais quelle est donc la nature de ce visage ?

    En réalité

    l’éveil à l’autre

    re-connaissant

    Par Bernard le 3 novembre 2008 à 11:57
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  8. le mot drapé de ma Réalité fait chemin

    Osé

    Par Bernard le 3 novembre 2008 à 12:01
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  9. @Bernard ;-)

    Léphémère nous transfigure
    en son instant d’éternité.

    Cette présence si ouverte
    qu’elle disparaît…

    Tendresse,

    Par tatiana le 3 novembre 2008 à 13:07
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  10. en un instant de silence
    je réponds:

    me voici

    vulnérable

    oserais-je dire
    présent

    Par Bernard le 3 novembre 2008 à 17:10
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